La Saint Saturnin, le 29 novembre

Des amis du Patrimoine du GREZES-HERMINIS

La fête de la Saint Saturnin

Messe saint SaturninSt Saturnin est fêté le 29 Novembre. Chaque année, sur Grèzes et Herminis, une messe est dite le Dimanchequi suit, en l’honneur du Saint.

Depuis plusieurs années, à l’initiative de la Présidente de l’Association, une gerbe est déposée au Monument aux Morts proche de l’église.

C’est un moment important pour les paroissiens et les habitants des Communes, qui tiennent à se souvenir de leurs défunts, morts pour la France et la Patrie.

A l’issue de la Célébration et du dépôt de gerbe, les habitants qui le souhaitent se retrouvent pour un repas convivial.

En 2016, le repas fut aussi l’occasion de remercier les services municipaux en présence des élus, pour la remise en état du foyer de Grèzes.

Église de Grèzes

 

Le patron de l’église est St Saturnin  ou St Sernin. Pourquoi St Saturnin ?

Fondateur de l’église de Toulouse vers le milieu du III è siècle, l’évêque Saturnin eut la gloire de terminer son apostolat dans le martyre.

Les circonstances du supplice qu’on lui infligea furent si tragiques qu’elles laissèrent une profonde impression dans la mémoire des premières générations chrétiennes de Toulouse. Le diocèse de Toulouse dont le territoire englobait tout notre Lauragais jusqu’à la fin du XIII è siècle dédia beaucoup d’églises et de chapelles au Saint Martyr.

Le diocèse de Carcassonne , tout voisin, témoigna aussi son culte à Saturnin : deux des plus anciens monastères dont l’un n’est autre que celui de St Hilaire tout proche de nous.

Il faut compter aussi vingt-trois églises paroissiales et autant de chapelles rurales dédiées à ce saint !

Datant du XIII è siècle, notre église a été érigée en chapelle vicariale par décret du 25 mai 1811, dépendant de l’église cathédrale St Michel de Carcassonne .

D’après Viguerie (annales), il existait une ancienne église dont on pouvait voir encore les ruines à la fin du XIII è siècle : on n’en voit aucune trace actuellement.

Elle reçut la visite de Monseigneur de Grignon, évêque de Carcassonne, le 6 mai 1684. Celui-ci la trouva susceptible de recevoir certaines réparations, cela fut confirmé par acte du 13 août 1684 .

Cette église, bien orientée, n’a pas de style ; son abside à cinq pans est voûtée en plâtre tandis que la nef avait un plafond plat formé de lattes recouvertes de plâtre.

Lors de l’aménagement, vers les années 1960, cette surface a été démolie, et a fait resurgir le vitrail du haut de la nef qui était caché par le double plafond de lattes, bien plus bas.

L’église ainsi que l’ancienne maison presbytérale attenante, ont été classées à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques du 11 décembre 1946. Le porche, lui, n’a été construit qu’en 1863. Le clocher a 5 arcades; il surmonte le fond; jusqu’en 1951 , il n’avait qu’une cloche, les deux autres, Marie et Saturnine sont venues rejoindre la petite orpheline le 8 Juin 1952 ( voir chapitre Anecdotes ).

A l’intérieur, dans l’abside, deux tableaux du XVIII è siècle  épousent à la perfection l’ogive où ils sont scellés.

Ils représentent, pour l’un : la prédication de St Saturnin, pour l’autre : le martyre. Peints certainement à l’école de Gamelin, ils ont été restaurés par J.M Brissaut et remis à leur place originelle en novembre 2000, à l’occasion d’une grande cérémonie. Le vitrail central est aussi dédié à St Saturnin.

Sur les côtés, deux autres vitraux bien plus petits éclairent le chœur : l’un représente la Vierge et l’Enfant, l’autre St Joseph.

L’autel, en marbre rose de Caunes, le maître-autel fût déplacé pour être posé face à l’assemblée après le Concile Vatican II en 1963.

Toujours dans le chœur, côté nord, un autel en marbre blanc est dédié à Marie : une grande statue de plâtre, le sacré cœur de Marie domine cet autel, tandis que sur l’un des piliers une vierge fin XVII début XVIII ème, en bois polychrome très abîmée a été restaurée par l’association. Côté sud, c’est l’autel du St Sacrement en marbre blanc et noir avec un tabernacle en cuivre doré. Sur le pilier, symétriquement à la vierge, la statue de St Roch domine l’autel.

Le chœur est séparé de l’assemblée par une grille de communion en fer forgé qui date du XVIII è siècle et qui fut classée parmi les objets aux monuments historiques le 12 juin 1953. Dans la nef, côté nord , un monument aux morts est le reflet de celui de la rue du prieuré: vingt-sept noms, enfants du village morts lors de la première guerre mondiale, y sont inscrits.

Les statues de St Antoine de Padoue et de Jeanne d’Arc remémorent quelques clés de l’histoire ; les vitraux de Ste Anne et de St Jacques avec son bourdon (bâton de pèlerin) qui nous rappelle St Jacques de Compostelle.

Côté sud, ce sont les statues de St Joseph et l’Enfant Jésus et de St Louis qui font face à celles énoncées plus haut, tandis que St Jean, sur son vitrail regarde celui de l’apôtre Jacques.

Un chemin de croix et ses quatorze stations font le tour de la nef. Tout au fond , deux chapelles abritent, au nord, Ste Germaine de Pibrac et Ste Rita. Au sud, Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus sur le côté et St Jean-Baptiste au centre appellent au baptême avec un baptistère tout en marbre rose de Caunes, comme l’autel central, de même que le bénitier de l’entrée.

La Tribune surplombe la nef. L’harmonium, longtemps tenu par Mr Raucoule qui entraînait la chorale, y est encore installé.

Sur le tabernacle, à droite en regardant le chœur, un oiseau qui nourrit ses oisillons : référence au Pélican d’Alfred de Vigny.

Le porche, dans l’entrée, s’est embelli dans les années 66-67 d’une grotte rappelant celle de Lourdes; un portrait de Monseigneur Cazemajou témoigne de son long passage en tant que curé, dans cette paroisse (Voir l’onglet Personnalités).

Il est à noter que cette église depuis des années, et depuis toujours a été entretenue, restaurée, avec les dons des paroissiens, toujours généreux. Les travaux effectués avec le concours de la municipalité ont permis la rénovation des tableaux du chœur.

L’arrivée de Marie et Saturnine

Deux moments forts, dont beaucoup se souviennent, d’abord, un temps de Mission du 16 au 30 avril 1943, où, tous les soirs, se pressait dans l’église une assistance de plus de 200 personnes , et ensuite le passage de Notre Dame de Boulogne en mai 1944.

Le lendemain, l’on pouvait lire dans l’Indépendant: « GREZES vient de vivre une importante journée de son histoire ».

Ces paroles émanaient de Monseigneur PUECH, Evêque de Carcassonne; elles avaient été prononcées à l’issue de la cérémonie qui s’était déroulée à l’occasion du Baptême de deux Cloches, prénommées Marie-Marguerite et Saturnine, instruments de bronze, offerts par les Paroissiens à leur Eglise. Cette grande fête avait eu lieu en présence de plusieurs centaines de fidèles. Un inconvénient: tous ne purent prendre place dans le sanctuaire.

Le village avait été pavoisé de feuillage, d’oriflammes et de drapeaux pour accueillir tous les invités. Monsieur le Chanoine CAZEMAJOU, Curé de la Paroisse et organisateur de cette journée, était entouré de plusieurs de ses confrères. A l’arrivée de Monseigneur, accompagné de vicaires généraux (Mgr Rivière et Mgr Boyer) devant le Presbytère, Jean LAUTIER, délégué de la Municipalité, avait su trouver les termes qui convenaient à une telle cérémonie et souhaitait la bienvenue, au nom de la population, à toutes les autorités ecclésiastiques. Ensuite Mr MAISSONNIER poète du terroir, avait déclamé un poème de sa composition: « La Voix des cloches ».

Deux fillettes, Danielle Falandry et Nicole Soulé, s’étaient alors avancées et Dany récitait un gentil compliment au Pasteur tandis que Nicole lui offrait une gerbe d’œillets  » pour votre Maman » avait elle ajouté. Le cortège s’était dirigé alors vers l’église et le baptême avait pu commencer. Récitation de psaumes, bénédiction du sel et de l’eau, onctions, imprégnations par les fumées d’encens, furent suivis du Salut au Saint Sacrement chanté par une puissante et importante chorale. Ainsi avait pris fin cette cérémonie.

Le lendemain Marie Marguerite et Saturnine, allèrent prendre place dans le clocher-Mur à 5 arches, rejoignant la cloche déjà en activité, depuis le début du XVI ième siècle. Cinquante ans après, quelques uns se souviennent de cette « grande fête ».

Gravures que l’on peut lire encore de nos jours : Je m’appelle Saturnine et je chante l’espérance des vivants, cela sur une face et sur l’autre face : j’ai eu pour parrain la J.A.C (Jeunesse Agricole Catholique) représentée par François PONS et pour marraine la J.A.C.F représentée par Gilberte Régis.

Cette cloche est située dans la baie du haut, sur celle sise dans la baie numéro trois, l’on peut lire: Je m’appelle Marie-Marguerite, Jacques, Emile et je rappelle le souvenir des morts. Sur l’autre face: J’ai été offerte par la Paroisse de Grèzes en l’an 1952, le Chanoine Cazemajou étant curé. J’ai pour parrain le conseil Paroissial représenté par Fernand Raucoule et pour Marraine la ligue Féminine représentée par Anna Gayraud. Ces deux cloches sont l’œuvre du Maître Fondeur Granier. La plus ancienne, celle qui était déjà en place, porte en lettres gothiques: Ave Maria Gratia Plena Dominus Tecum. Elle n’est ni datée, ni signée.

Caractéristiques techniques:

  • Cloche d’en haut : Note Fa Octave 4. Poids 130 kg
  • Hauteur: 0 m 62
  • Cloche Baie 2 : Note Ré Octave 4. Poids 190 kg
  • Hauteur: 0 m 70
  • Cloche Baie 3 : Note SI Octave 3. Poids 350 kg
  • Hauteur: 0 m 86

Elles sont toutes équipées d’appareils de tintement.

Il faut savoir enfin que l’horloge mécanique désaffectée est présentement au Musée Campanaire de l’Eglise Saint Vincent et que jusqu’en 1952, Mme Jordy ( dénommée la Campanière, par tous) puis Mme Ournac sonnaient les trois Angelus et les Offices.

NB: Les informations techniques ont été recueillis auprès de Mr CL.SEYTE, auteur de Campanaire Audoise.

Une église à Herminis?

Elle aurait porté le nom de Sainte Marie…

Sous le vocable Santa Maria de Hermenesio : des notes du XII ème siècle, rédigées en latin , permettent de déterminer l’étymologie d’Herminis qui proviendrait de Terminium (Terme). Herminis est une importante localité qui a sa propre église.

Une chapelle qui fut détruite en 1781, depuis cette date, rattachée à Grèzes .

Devenue Maison Larthe, située Impasse de la source , on pouvait apercevoir sur la façade la date 1793 qui devait être celle de la date de reconstruction de la maison en question. Suite à un incendie, cette dernière a été reconstruite et utilisée comme gîte.